Valmagne
Les vôutes sombres de l'abbatiale et sa fraîcheur m'avaient apporté, dans cette après-midi d'été ,un certain bien-être.
Elle disait les efforts entrepris pour restaurer ce lieu et je voyais cette femme arracher à la cruauté du monde ces pierres et leurs prières. Je la vivais dans cette volonté de conserver ou de donner une âme à ce qu'elle aimait.
Dans le clair-obscur du cloître ,dans le jeu des bambous sur le brilant des dalles, j'étais,d'une certaine façon détachée du dehors.
J'eus alors envie de m'asseoir là, près du clapotis de la fontaine.
Un coin de ciel dans les yeux, derrière moi, les musiciens répétaient un octuor de Schubert.
Un moment intense.