La Vierge est pâle et elle regarde l'enfant. Ce qu'il faudrait peindre sur son visage c'est un émerveillement anxieux qui n'a paru qu'une fois sur une figure humaine. Car le Christ est son enfant, la chair de sa chair, et le fruit de ses entrailles. Elle l'a porté neuf mois et elle lui donne le sein, et son lait deviendra le sang de Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : mon petit. Mais, a d'autres moments, elle demeure toute interdite et elle pense : Dieu est là - et elle se sent prise d'une horreur religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant terrifiant. Car toutes les mères sont ainsi arrêtées par moments devant ce fragment qu'est leur enfant et elles se sentent en exil à deux pas de cette vie neuve qu'on a faite avec leur vie et qu'évitent des pensées étrangères. Mais aucun enfant n'a été plus cruellement ni plus rapidement arraché à sa mère, car il est Dieu et il dépasse de tous côtés ce qu'elle peut imaginer. JP. Sartre
Je ne connaissais pas ce texte de Sartre, merci de nous le faire découvrir. Je pense que tout enfant qui nait est divin, et qu'il représente la vérité humaine. Tout ce qu'on lui pose sur le dos, sous prétexte de l'éduquer et de le rendre meilleur ne fait que le pervertir et l'asservir.Donner à l'enfant l'envie d'apprendre, de lire, d'écrire est amplement suffisant pour en faire un adulte équilibré et autonome. Je le crois.
J'aime bien... Je ne connaissais pas ce texte de Sartre... ou alors l'ai-je lu mais pas avec cette lumière que tu poses sur lui.Je te souhaite un bon Noël, Vita.