Nous étions tous en ligne, à distance raisonnable du grand arbre...Les yeux luisants de l'envie de gagner..Il allait bientôt le dire..Mais , en fait, il faisait durer son propre plaisir, nous voir tous suspendus à ses paroles, il promenait son regard au-delà de nos têtes, vers les champs rugueux comme des paillasses..Il avait choisi cet arbre , près du muret qui, à l'heure de midi, brûlait nos doigts vagabonds, Il avait choisi cet arbre, il savait que de là, il nous verrait courir dans la lumière, vacillant d'une vitalité retenue, il nous verrait inquiets du jugement à venir, il nous verrait soumis à sa loi...Nous attendions que de sa voix profonde, il dise:1,2,3........nous courrions comme des fous et ...soleil ....tombait comme une masse sur notre course, arrêtant net notre élan. Figés comme des pierres, les yeux ancrés dans l'écorce de l'arbre, nous entendions....toi....Et tout était fini... VITA