Les corbeaux
Au-dessus du coin noir se pressent à midi
Les corbeaux cruels qui croassent et crient
Leur ombre passe en frôlant la biche effrayée
Et parfois on les voit, maussades, se poser
Ô comme ils troublent le brun silence
Qui enchante une terre extasiée !
Comme une femme, saisie d’une lourde prescience
Et parfois on peut les entendre criailler
Autour d’une charogne qu’ils flairent de tous côtés
Et soudain ils virent vers les pays des ténèbres
Et s’évanouissent comme un cortège funèbre
Dans les airs qui frémissent de volupté
Georg Trakl
Traduit par Claire d'Orée
Les corbeaux sont parmi nous.....